UNE CONSTRUCTION DANS L’OUVÈZE EN DÉBAT

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Avancement

UNE CONSTRUCTION DANS L’OUVÈZE EN DÉBAT

Vaison-la-Romaine
20 Juillet 2021 - 10:20
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Zonage PPRI

Une réunion publique a eu lieu jeudi pour avoir l’avis du public sur un projet présenté comme le déplacement d’un silo à ciment en zone rouge du PPRNI, qui s’avère être en fait une démolition d’une ancienne installation et la construction d’une nouvelle.

L’usine à béton situé en amont du pont Romain est exploitée par une famille vaisonnaise. Trois générations y travaillent. Le responsable du site, Jean-Philippe Do, a été fier de nous faire visiter son installation où les considérations écologiques sont prises en compte.

Le béton est fabriqué sur demande, selon des « recettes » adaptées aux demandes spécifiques des clients. Selon la demande, le mélange est additionné de divers adjuvants pour obtenir les caractéristiques nécessaires. Ces adjuvants sont stockés en grosses cuves. Un bac de rétention a été construit pour éviter leur dispersion en cas de fuite. « Ce n’est pas obligatoire », dit Jean-Philippe Do.

L’installation est aussi dotée de quatre bacs de décantation. L’eau de lavage des camions passe de l’un à l’autre en abandonnant peu à peu ses impuretés, avant d’être réutilisée pour la fabrication du béton.

Les aires sont cimentées pour éviter la poussière, et une installation de pulvérisation d’eau pour la limiter encore est envisagée. Enfin, Jean-Philippe Do fait volontiers remarquer l’absence de poussière sur la végétation autour de ses installations.

L’entreprise souhaite modifier ses installations et cette modification nécessite des autorisations administratives. Le maire, Jean-François Périlhou, comme il en a l’habitude « pour les projets un peu importants », a organisé une réunion publique de présentation du dossier. Très peu de personnes ont répondu à l’invitation.

L’architecte en charge du projet a pris la parole en le présentant comme le déplacement d’un silo à l’intérieur de l’usine. Au fil de la présentation, il est apparu que sous cet intitulé anodin se cachaient en fait deux opérations distinctes, la démolition d’un silo, et la construction d’un autre, ailleurs sur le site, en zone rouge du Plan de Prévention de Risques Naturels d’Inondation (PPRNI) du 30 avril 2009. L’architecte a surtout insisté sur la végétalisation des alentours pour cacher ce nouveau silo. L’entreprise planterait des arbres, avec des prescriptions imposées dans l’autorisation. Reste à savoir qui imposera à une entreprise leur maintien en bon état dans l’avenir…

La suite de la présentation a été faite par la directrice du Syndicat Mixte de l’Ouvèze Provençale, organisme qui gère le risque d’inondation de l’Ouvèze.

Elle a ouvert le débat sur des propos rassurants « le syndicat va être extrêmement vigilant à ce que les travaux n’aggravent pas le risque d’inondation, c’est la première des vigilances ». Elle ajoutait ensuite « ce que j’ai pu constater, c’est que c’est un déplacement d’un silo existant », une affirmation étonnante de la part d’une responsable de service public, alors que le projet comporte une démolition d’une part, et d’autre part une nouvelle construction en zone rouge du PPRI les deux opérations pouvant parfaitement être menées indépendamment l’une de l’autre. Elle affirmait aussi que le futur silo aurait le même volume que l’ancien, ce qui ne correspondait pas aux affirmations des responsables présents de l’entreprise, qui parlait de volume « un peu » augmenté. Elle affirmait textuellement « le silo va être déplacé ». Interrogé, sur le fait le silo existant va être démoli et non déplacé, elle affirmait au sujet du nouveau silo « c’est le même silo [...] qui aura les mêmes caractéristiques » et finalement concluait « c’est comme s’il était déplacé ». Tout est dans le « comme »...

Au sujet de la stabilité des fondations, elle certifie « on sera particulièrement attentifs à ça » (leur solidité). Sur ce sujet, elle rajoute même « nous serons extrêmement vigilants sur les points que nous venons de détailler. » Seul problème, lors de notre visite sur le site, sur invitation, non seulement les fondations sont déjà faites, mais le support du futur silo est fixé, et la base du réservoir est en place. Il semble qu’il soit un peu tard pour « être extrêmement vigilants ».

Interrogée à nouveau pour savoir si un nouveau silo serait autorisé sans qu’il soit question d’une démolition de l’ancien silo, elle répond « à l’heure actuelle, un nouveau, à mon avis, ne serait pas autorisé ».

Restera aux autorités représentées à la réunion, et aux autres, à trancher la question : une autorisation obtenue en présentant le dossier comme un déplacement ne serait-elle pas entachée de fraude ?

La discussion a ensuite porté sur le passage des gros camions qui dérangent les riverains en empruntant des voies non autorisées ou limitées à la desserte des riverains, les intervenants précisant bien qu’ils ne visaient aucune entreprise en particulier dans ces observations. Le maire s’est engagé à soumettre ce point à l’enquête qui sera lancée en septembre dans le cadre de la préparation du futur plan de circulation.

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