ENTRETIEN AVEC…

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ENTRETIEN AVEC…

Vaison-la-Romaine
18 Novembre 2020 - 08:41
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Nous avons rencontré Guy Bodesco, Directeur Général de la Société de Distribution Aéroportuaire.

Guy Bodescot est Directeur Général de SDA. Cette filiale d’Aéroports de Paris et du Groupe Lagardère, son activité est répartie sur les sites d’Orly et de Roissy – Charles de Gaulle. SDA, c’est 160 magasins et 2 200 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 850 millions d’euros. C’est aussi un concept « Buy Paris » dans 70 boutiques. L’ensemble de ces commerces représente 17 000 marques allant de l’alimentation aux produits de luxe en passant par les cosmétiques, les parfums, le tabac, l’alcool, le prêt-à-porter et comprenant de grandes enseignes telles que la Fnac ou encore Nespresso. Nombre de ces boutiques se trouve dans les zones « Duty Free » de ces aéroports, zones hors taxes réservées aux voyageurs.

Il s’est installé avec son épouse en 2006 dans un village proche de Vaison-la-Romaine après avoir connu la région lors de vacances chez des amis britanniques résidant dans la région.

Nous avons voulu savoir comment ces confinements avec le ralentissement des activités économiques mondiales impactaient son entreprise dont l’activité est directement liée au trafic aérien.

Qu’en est-il de l’activité existante ?

« Deux terminaux sur quatre à Orly ainsi que deux sur neuf à Roissy sont en activités. Autant dire que les aérogares sont vides. Pour SDA, seuls les magasins proposant des produits alimentaires, du tabac ou encore les points “Relay” pour la presse uniquement sont ouverts soit cinq magasins sur 160.

Autrement dit, le chiffre d’affaires est proche de zéro. Alors l’entreprise s’organise pour faire face à cette situation, comme beaucoup le télétravail est la règle pour les dirigeants et les administratifs. Les salariés sont en activité partielle avec les indemnisations de l’État depuis mars dernier et jusqu’en mars prochain. Pour la suite le dispositif APLD (Activité Partielle de Longue Durée) sera mis en place jusqu’en 2022. »

Comment réagit le secteur de l’aviation civile ?

« Moins d’avions en vol, c’est une charge extrêmement lourde pour les compagnies. Il faut payer le “parking” des avions et surtout leur entretien, car un avion qui ne vole pas se détériore rapidement. Alors, les compagnies non aidées par leurs gouvernements revendent leurs appareils ou les rendent aux propriétaires lorsqu’ils sont en leasing en attendant des jours meilleurs, avec le risque de disparaître in fine. »

Quel scénario est envisageable pour l’avenir ?

« L’objectif rêvé est de retrouver le niveau d’activité de l’année 2019 avec les trois grandes familles de voyageurs : les voyageurs d’affaires, les touristes et peut-être la catégorie la plus importante les voyageurs “nomades”, ceux qui travaillent loin de chez eux et utilisent le transport aérien comme d’autres prennent le bus, comme, par exemple, la communauté polonaise travaillant en Grande-Bretagne largement pénalisée actuellement par la baisse de l’offre de transport. En admettant que dans les prochains mois un vaccin soit distribué en France, mais aussi en Europe et dans le monde entier, on peut espérer une reprise de l’aviation civile, mais pas d’une manière rapide. Moins d’avions disponibles en sortie de crise, moins de compagnies “survivantes”, c’est moins d’offres de destinations, donc une augmentation des tarifs qui touchera certainement les touristes, qui avaient pris l’habitude de voyager loin ne le pourront plus dans un premier temps. Les compagnies auront tendance à privilégier les lignes les plus rentables en priorité pour se redresser. Et puis, si nous devons encore vivre en compagnie du virus, le frein aux déplacements aériens sera le manque d’homogénéité des protocoles sanitaires qui varient en fonction des pays même à l’intérieur de l’Europe. Donc, un redémarrage compliqué et long est à craindre. 

Dans ce cadre, le scénario le plus optimiste compte sur une reprise forte des activités aériennes au deuxième semestre 2023, voire en fin d’année 2024. »

La route vers la sortie de crise est encore longue et difficile pour nos économies et nos entreprises comme SDA.

 

 

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