Lors d’un déplacement dans les Vosges le 27 mars, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, a annoncé un plan national de lutte contre le frelon asiatique, dont l’objectif prioritaire est de protéger l’apiculture. Ce prédateur, qui peut consommer jusqu’à 40 % d’abeilles domestiques dans son régime alimentaire, représente une menace majeure pour les ruchers. Le ministre insiste sur la nécessité d’une coordination nationale afin d’« agir plus tôt, intervenir plus efficacement et mieux protéger ruches et habitants ».
La stratégie, publiée par le ministère, sera déclinée dans chaque département sous l’autorité des préfets dans un délai de six mois. Un budget annuel de 3 millions d’euros financera formations, piégeages, destruction de nids et dispositifs de protection. Un guichet dédié ouvrira le 1er mai pour permettre aux collectivités de déposer leurs demandes via un cahier des charges simplifié.
Le plan prévoit aussi un renforcement des connaissances scientifiques, car l’impact du frelon sur les pollinisateurs sauvages et la biodiversité reste insuffisamment documenté. L’Opie rappelle que cette espèce joue également un rôle écologique, notamment en régulant certains insectes phytophages, et que ses nids abandonnés servent de ressource alimentaire à plusieurs oiseaux. Aucune étude n’a montré de prédation ciblée sur des espèces rares.
L’organisme met en garde contre les pièges non sélectifs, qui détruisent massivement d’autres insectes sans prouver leur efficacité à long terme. Certaines études montrent même que le piégeage printanier des reines n’a pas réduit le nombre de nids.
La priorité doit rester la protection des ruches, car les colonies d’abeilles concentrées constituent des proies idéales. L’Opie recommande de limiter les pièges au périmètre des ruchers concernés et d’encourager la recherche sur les phéromones. L’information du public est également essentielle pour éviter les discours anxiogènes et les pratiques contre-productives.
Enfin, l’Opie souligne que l’expression « frelon asiatique » entretient une vision biaisée, plusieurs espèces asiatiques étant déjà présentes en France. Le terme « frelon à pattes jaunes » serait plus précis. L’organisation interroge aussi la logique consistant à éliminer massivement ces insectes alors que d’autres menaces, comme certains insecticides néonicotinoïdes, continuent d’être défendues.
Photo : un nid de frelons asiatiques place de la Poste (décembre 2021)




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