Jeudi à 18 h 30, en salle du conseil de la mairie de Vaison-la-Romaine, Philippe Turrel président de l’association Belisama a donné une explication détaillée sur le projet d’un « musée virtuel ».
L’association Belisama, créée en 2006, est composée d’une vingtaine de bénévoles. Elle est dotée d’un conseil scientifique regroupant des conservateurs du patrimoine, dont Christine Bezin, des archéologues et des spécialistes du monde antique.
« À la suite d’un travail de recherche dans les archives d’André Dumoulin, conservées à Cavaillon, j’ai pris conscience, de l’importance de la dispersion des trésors du patrimoine de Vaison et de l’étendue du pillage des richesses archéologiques de notre sol au XIXe siècle. Pour nombre de Vaisonnais, cet exode a pu être ressenti comme une spoliation. À chaque époque, les conservateurs du musée de Vaison ont demandé, mais en vain, le retour des objets, sous forme de dépôts à long terme. Les lettres d’André Dumoulin aux différents musées nationaux, plaidant pour un retour de ces objets trouvés à Vaison, témoignaient dans ce sens », a exposé Philippe Turrel.
L’élément qui a décidé de ce projet a été la réponse du British Museum de Londres.
« J’avais contacté ce musée pour obtenir la liste des objets qui étaient déjà inventoriés. En tout, une dizaine. Or le musée anglais m’a fait parvenir une liste de 115 objets, dont une collection inédite de verrerie.
J’ai donc imaginé, il y a deux ans, avec Joël-Claude Meffre archéologue et l’aide d’un ami informaticien, Raphaël Perez, qu’un musée virtuel permettrait à notre patrimoine mobilier archéologique de revenir à Vaison sous forme d’images et constituer un lien avec les musées français et étrangers, qui ont en charge de conserver cet extraordinaire héritage du passé… ».
L’objectif du site Internet « Vaison dans les musées du monde » est de rassembler et faire connaître les objets de la Vaison antique, récoltés depuis plusieurs siècles sur son sol, et conservés dans d’autres structures muséales, soit aujourd’hui plus de 1500 pièces qui s’ajoutent aux 2000 que possède le musée de la ville.
Vaison antique est représentée aussi bien au Louvre, au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye, que dans les collections des musées d’Avignon, Marseille, Lyon, Valence, Narbonne, Toulon… La liste est longue et comprend aussi le Bargello de Florence en Italie, le musée de Genève en Suisse, celui de Toronto au Canada et le British Museum de Londres.
Le site Internet » Vaison dans les musées du monde » propose une base d’images et de données descriptives issues de divers catalogues, articles et ouvrages reconnus.
Il comporte des documents inédits signalés par les conservateurs des musées ou des spécialistes, et présente des études et des synthèses nouvelles comme celle de Janick Ode sur la verrerie antique du Haut-Empire de Vaison et de la vallée du Rhône. L’architecture du site prend appui sur un moteur de recherche établi par thème (artisanat et commerce, dieux et cultes…), par mots-clés (matériaux, fonctions, etc.) ou par lieux de dépôt. Il est facilement accessible selon une procédure d’appel de mots-clés et par navigation.
L’internaute pourra voyager sur une carte européenne et consulter chaque musée pour trouver les images et la description des objets archéologiques en provenance de Vasio. Il pourra se documenter sur l’histoire de l’archéologie vaisonnaise. Il pourra s’intéresser à la technique de fabrication de « l’encrier de Vaison » exposée au Louvre, pièce unique s’il en est, suite à l’étude de Sophie Descamps, conservatrice au Musée du Louvre.
Près de 400 images et plus de 500 fiches constituent la base du site, provenant de l’inventaire des collections du British Museum, du Musée du Louvre, du Musée de Saint-Germain-en-Laye, du Musée Calvet d’Avignon, du Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon…
Le musée virtuel est un musée évolutif
Les nouvelles acquisitions et les nouvelles découvertes pourront être introduites et présentées presque immédiatement. « Rien n’est figé dans ce domaine, explique Joël-Claude Meffre, archéologue, chargé d’étude à l’Institut National de recherche en Archéologie Préventive, responsable du suivi scientifique du site. Dans le musée, on peut à tout moment choisir de mettre au premier plan un sujet particulier. On peut également envisager des correspondances avec la programmation du musée Théo Desplans : mettre l’accent, une année, sur Vaison dans sa dimension gauloise ; une autre année, Vaison et ses rites funéraires ; Vaison et la chrétienté, Vaison et les influences de l’Égypte, etc. »
à voir sur : HTTP://vaison-musée.com



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