Vaison Danse : Mycélium

Un puissant ballet minimaliste

Le mycélium, ce réseau généralement invisible de filaments dont les champignons ne sont que les organes reproducteurs, a inspiré l’œuvre éponyme de Christos Papadopoulos, présentée samedi au théâtre antique dans le cadre du festival Vaison Danse devant un théâtre antique presque complet.

Mycélium est une exploration chorégraphique du cycle fongique. Inspiré des dynamiques du vivant, le chorégraphe traduit en mouvement la croissance, la cohésion et la disparition des réseaux de rhizomes. Les danseurs, en tenue sombre, forment une masse compacte où toute individualité s’efface, animée de micromouvements synchrones et d’une pulsation continue. Les qualités interprétatives et techniques des artistes sont évidentes, et les figures académiques ou contemporaines sont absentes. La vingtaine de danseurs répètent presque sans variation les mêmes mouvements, évoluant la plupart du temps de façon presque imperceptible, et tout l’art du chorégraphe se montre dans sa façon d’occuper le plateau, en transformant l’espace par une masse compacte évoluant ensuite en petits groupes, en un ensemble plein de naturel et de poésie.

Le ballet minimaliste donne forme à l’invisible. À partir d’éléments disséminés, la matière organique prend forme et semble croître, évoluer, se diviser, proliférer, puis décliner. Soutenue par la musique électronique de Coti‑K, la pièce révèle un monde vibrant dont la vitalité s’éteint progressivement, jusqu’au silence final.

Interprétée dans très peu de lumière, Mycélium tranche avec les productions habituelles. Si quelques spectateurs ont été déconcertés par le caractère minimaliste du ballet, le public a apprécié la soirée, applaudissant longuement les artistes.

Prochain spectacle : Carmen, d’Abou Lagraa et le ballet de l’Opéra de Tunis

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