L’histoire des découvertes astronomiques est à la fois très ancienne et très récente. C’est ce qu’a montré Xavier Delfosse, astronome de l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble, dans la conférence du 12 février qu’il a donnée à l’Université pour tous de Vaison-la-Romaine sur la pluralité des mondes devant un public de 80 personnes.
En remontant jusqu’à l’Antiquité, l’histoire nous apprend que la science astronomique a longtemps été dépendante d’a priori, liés notamment à des conceptions philosophiques et à des croyances religieuses.
Les Anciens avaient bien observé que les étoiles vues de la terre tournaient autour d’un point fixe, l’étoile polaire, sans changer de position les unes par rapport aux autres. À l’époque de Pythagore il va falloir décrypter l’univers pour comprendre le divin et le divin s’exprime mathématiquement. Le cercle et la sphère représentent un idéal de la perfection.
Mais il va falloir comprendre la structure de notre système planétaire, admettre que les étoiles sont des objets similaires à notre Soleil, et surtout observer et bien observer, ce qui suppose d’avoir des instruments fiables et complexes.
Les modélisations de ce qu’on observe évoluent. Le centre de l’univers passe de la Terre au Soleil, évolution copernicienne qui a mis du temps à être acceptée. Certes le philosophe de la Renaissance Giordano Bruno (1548- 1600) défend l’idée d’une pluralité des mondes : pour lui, il existe d’innombrables soleils et un nombre infini de terres tournant autour de ces soleils, mais sa vision du monde reste encore par bien des aspects médiévale.
Sans entrer dans le détail de la conférence montrant ce qu’ont pu apporter des savants comme Tycho Brahé, Galilée ou Kepler, Xavier Delfosse s’est attardé sur les découvertes récentes depuis les premières annonces de planètes extra-solaires à la fin du 19e siècle qui en réalité n’existaient pas, jusqu’à la découverte en 1995 de « 51 Pegasi b », une planète autour d’une étoile de type solaire, par Michel Mayor et Didier Kelloz, prix Nobel de physique 2019. À noter que cette découverte de la première exoplanète s’est faite depuis l’observatoire de Haute-Provence, à Saint-Michel-l’Observatoire dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Et Xavier Delfosse de conclure « On doit accepter que l’on ne sache pas tout à un moment donné, ce n’est pas grave, cela n’empêche pas d’avancer ».



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