RIFIFI À L’INTERCOMMUNALITÉ

Le 28 mai, le conseil municipal de Cairanne votait à l’unanimité une délibération par laquelle il décide de se retirer de la communauté de commune Vaison-Ventoux (CCVV) pour rejoindre la Communauté de commune Aygue-Ouvèze provençale (CCAOP).

Depuis, Roger Rossin, le maire, a eu l’occasion d’expliciter les raisons cette décision à La Gazette Locale. Il s’agit du bassin de vie, du dynamisme de la commune par rapport à celui de la CCVV, et de la gouvernance.

Il a précisé tout d’abord que la décision a été prise à l’unanimité, après consultation de l’opposition avant la réunion du conseil municipal.

Cependant, il précise d’emblée qu’il y a des possibilités de discussion, et que rien n’est arrêté.

Il énumère ensuite les raisons qui ont conduit à cette décision.

Il y a tout d’abord l’appartenance au bassin de vie. Les élèves vont au collège à Sainte-Cécile et au lycée à Orange. La zone de production viticole est commune. Cairanne est rattaché à Saint-Cécile pour les pompiers, et à Orange pour la gendarmerie…

Mais, visiblement, ce qui préoccupe le maire de Cairanne est ce qu’il considère comme une différence de dynamisme entre sa commune et la CCVV. Il affirme « je préfère anticiper plutôt que subir ». Sa zone d’activité est « en plein boom », et il a demandé une révision du PPRI pour l’agrandir de 10 lots, « mais les agrandissements se font à Vaison et à Sablet ». Il mentionne « le tourisme ne peut pas faire vivre un territoire. Il peut seulement contribuer ».

La population de Cairanne évolue en hausse de 1.5 à 2 % par an, alors que celle de la CCVV sera bridée à une hausse de 0.6 % par le futur Scot, et Roger Rossin craint de voir l’extension de la commune bridée par cette contrainte. La délibération du conseil municipal mentionne explicitement ce point, « susceptible de porter dès sa mise en œuvre une atteinte (…) grave et disproportionnée aux intérêts fondamentaux de la commune ».

Le fait que la CCAOP assume la compétence « assainissement » est aussi un argument important de la décision.

Enfin, le « très faible endettement de CCAOP » est un argument cité. Il « laisse entrevoir des possibilités de développement plus en phase avec les besoins » de Cairanne.

Le troisième point cité est la gouvernance de la CCVV. Il regrette « une réunion de bureau des maires tous les 3 mois (alors qu’il y en avait une par mois sous l’ère de Pierre Meffre), qui dure 1 h, il est difficile de pouvoir échanger », et cite des « problèmes d’ambiance ».

Une réunion des maires était prévue aujourd’hui à 18 heures pour échanger sur le sujet. Une seconde réunion va être programmée « sans le maire de Cairanne », qui a décidé d’y assister quand même.

À ce jour donc, rien n’est définitif du côté de Cairanne, selon son maire, qui souhaite des discussions et une évolution de la CCVV, qui, selon lui, doit réagir. Il estime qu’elle manque de vision d’ensemble, où les réalisations soient réparties géographiquement. Il mentionne que Cairanne apporte 12 % du budget de l’intercommunalité, et s’affirme convaincu que ce départ risque de ne pas être le seul, et qu’il y a des probabilités importantes pour que la CCVV soit absorbée par la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat venaissin (ex Cove), dont Malaucène fait partie.

 

Photo : Jean-Pierre Larguier et Roger Rossin (avril 2016)

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