Il n’y avait pas beaucoup de marchands de muguet sur le marché, mardi matin. Une mère de famille et ses enfants, installés à l’angle de l’avenue Jules Ferry et e la Grand’rue, profitaient de l’affluence sur le marché. Elle venait en vacance dans sa famille à Saint-Romain-en-Viennois, et arrivait de l’Ain. Elle expliquait : « Nous avons ramassé les brins dans les bois avant de venir dans le midi ».
La longue tradition, qui remonte à l’antiquité, d’offrir du muguet pour la fête des Travailleurs, a donc été respectée. Dans l’antiquité, on célébrait la floraison de fin avril début mai. Beltaine, une fête des Celtes, marquait le début de la belle saison de façon comparable. Selon plusieurs anecdotes historiques, la tradition est attestée sous Charles IX. En visite dans le Dauphiné, il se serait vu offrir du muguet, une idée qu’il a transportée à sa cour.
La Révolution inscrit la tradition au 7 floréal (26 avril), baptisé « jour républicain ». C’est alors l’églantine rouge qui est associée au 1er mai, et qui le sera pendant longtemps aux travailleurs.
Pour la première Journée internationale des travailleurs, les manifestants portent un triangle rouge, remplacé rapidement ensuite par une églantine rouge. La fleur est cultivée dans le Nord de la France, lieu de nombreux rassemblements ouvriers. Elle symbolise aussi le sang des neuf morts et trente-cinq blessés parmi les manifestants lors du rassemblement du 1er mai 1891 à Fourmies.
Le muguet a été officiellement associé au 1er mai et à la « fête du travail et de la concorde » par le Maréchal Pétain, qui trouvait l’églantine trop associée à la gauche et au communisme.
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