Alors que samedi, le mercure tutoyait les sommets, Puyméras, petite commune de 600 âmes, a célébré dans une ambiance festive et ensoleillée son premier festival « Fire in Puyméras » mêlant rock, électro rock, modern blues, show polynésien… et surtout tatouage.
Un événement unique en son genre organisé par Jérôme Delesalle de l’association Black Ball Tattoo Show avec la complicité du Comité des Fêtes de Puyméras, pour faire découvrir, le temps d’un week-end, à des passionnés ou des novices, une des cultures traditionnelles les plus anciennes qui remonte au moins au néolithique.
Alors, sous le grand chapiteau blanc et rouge, une vingtaine de tatoueuses et tatoueurs, venus de Béziers, Nîmes, Marseille , Grenoble, Avignon…, chacun selon son style (réalisme polynésien, graphisme ornemental, Trash polka) avait dès 14 h, commencé à faire couler beaucoup d’encre pour les fans d’aiguilles !
« Bon c’est vrai, le tatouage, c’est plus désagréable que douloureux. Mais quand on voit le résultat, c’est magnifique. J’ai un véritable bijou sur le bras » nous confie une adepte du tatouage.
Mais si cet art ancestral lorsqu’il doit être accompli demande aux tatoueurs créativité, minutie et concentration, ils n’hésitent pas, au moment de la pause, à en parler.
« Depuis une dizaine d’années, le tatouage s’est démocratisé grâce au monde du show-biz. Hier méprisé, destiné le plus souvent aux marginaux, il est aujourd’hui sorti de son ghetto et est devenu une pratique de mode courante destinée à un besoin d’esthétisme corporel. Si tu n’es pas artiste, tu n’es pas tatoueur ! Nous avons tous nos inspirations. Moi je suis souvent allée en Thaïlande et je suis inspirée par tout ce qui est asiatique, c’est magique ! Nous travaillons soit de façon traditionnelle avec la machine ou selon les pratiques ancestrales, au bambou, dents de requins et Hand Poke. Ce qui est paradoxal, c’est que nous ne sommes pas reconnus comme des artistes, mais comme des prestataires de service. On se bat pour avoir un statut légal » explique Caro de Béziers.
Plus loin souffle un petit vent venu du large de la Polynésie avec de « sacrés » tatoueurs ! Il est vrai que les tatouages polynésiens se démarquent de tous les autres tatouages, car ils indiquent à travers différents symboles (coquillage, tortue, étoile, fleur…) la personne et son parcours de vie. Il est un peu comme une carte d’identité et se doit d’être unique.
De belles rencontres rythmées encore ce dimanche par une série de concerts, dont le fameux Chris Slade Time Line et la vente de vêtements, bijoux et accessoires.
D. R.
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