Ce mardi à 18 h 30 se tenait une conférence sur la Polynésie française au Presbytère de Vaison-la-Romaine devant plus de quarante personnes.
« Une conférence ? Non ! » Lance le père Dominique Vallon conférencier d’un soir ; « Il s’agit plutôt d’un partage de vies et d’expériences avec vous. »
« La Polynésie française, un archipel très vaste (superficie 4 167 km2), avec des îles immergées représentant seulement la taille de la Corse pour un territoire qui comprend environ la moitié des eaux marines françaises, et à peine 270 000 habitants soit la moitié du Vaucluse » note le père Dominique.
La tradition des voyages interinsulaires était, semble-t-il, perdue au temps de Cook, hé bien non !
Les connaissances géopolitiques, sociales et humaines exprimées par le père Dominique prouvent que leur souvenir est encore vivant.
C’est lors de son premier voyage en 2004 qu’il avait pris la température de Tahiti. Charmé par cet archipel, il y retourne donc cet été 2014 avec l’aide financière du Diocèse. Il poussera l’aventure plus loin, jusqu’aux îles Sous-le-Vent, et dans des atolls perdus, mais paradisiaques.
Là, il va y célébrer des offices, des mariages, baptêmes, confessions, et partager la vie des Polynésiens.
Dans certaines îles très éloignées où on ne voit un homme d’Église que tous les deux ans, on fait alors jusqu’à plus de 15 km à pieds pour le rencontrer, comme ce vieil homme qui viendra se confesser à lui en juillet pour ce Noël, durant la messe du dimanche on chante fort et avec harmonie les « himene », des hymnes religieux des premiers missionnaires protestants mêlés à des chants polyphoniques tahitiens d’avant l’arrivée des Européens.
Le Père Dominique baptise, confesse, célèbre la messe, on profite très très vite du passage du Père, car l’avion de fortune repart dans une heure ou dans une semaine au choix. Celui du Père sera d’y rester une semaine.
C’est avec ces anecdotes et une multitude de superbes photographies en vidéo projection, mais aussi avec beaucoup d’humour et d’amour pour cet archipel que le père Dominique va tracer un portrait tendre de son périple en Polynésie, nous conter les traditions. Il fait aussi un constat ; « le paradis n’existe pas sur terre, malgré les paysages fabuleux et l’indolence des îles » dit-il, « l’isolement, les radiations dues aux multiples essais nucléaires, les entreprises chinoises qui exploitent désormais les perlières – mais ce secteur est en grande difficulté -, les méfaits d’une bière locale et les drogues font quelque des ravages économiques et sociaux ».
La foi catholique est bel et bien là, par contre, radieuse, joyeuse, c’est une fête à laquelle tout le monde prend part, bien que les anciennes croyances issues des religions préchrétiennes n’aient pas entièrement disparu et se traduisent généralement par une forme de syncrétisme.
À ce jour, il y a tout de même une nette progression des protestants, pentecôtistes, Témoins de Jéovah, église de Jésus-Christ des Saints du Dernier Jour, église mormone (jusqu’à 10 % de la population de Tahiti serait mormone), église adventiste du 7e jour. Mais aussi des bahïstes, bouddhistes, et depuis 2013 une petite minorité de musulmans. On compte désormais seulement un habitant sur cinq de confession catholique dans l’archipel.
C’est sous de multiples questions pertinentes sur l’avenir et le devenir de cet archipel que la conférence a pris fin.
Le père Dominique attend désormais, avec ce sourire qui le caractérise, la venue d’un couple polynésien à Vaison, qu’il a marié là bas. Peut-être seront-ils reçus à Vaison-la-Romaine pour l’été 2015.



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