FLAMBOYANTE M¡LONGA – deux

Le Tango est né sur les bords du Rio de la Plata entre Argentine et Uruguay à la fin du 19e siècle, de ces émigrés espagnols, italiens, mais aussi savoyards. Il s’est enrichi de nombreux échanges en particulier pour devenir un art complètement internationalisé connectant les tangueros.  

Le Tango est musique, danse, poésie littérature et peinture.  

C’est donc avec cette danse née dans les bas fonds de Buenos Aires que Sidi Larbi Cherkaoui, le chorégraphe, internationalement connu et reconnu pour son don de l’innovation, a décidé de redessiner le concept lié aux milongas.  

Amoureux de visions imprévues, il a innové avec un couple de danseurs contemporains et de grands danseurs argentins.  

Chapeautée par Nelida Rodriguez de Aure afin de ne pas trahir les traditions, la compagnie réexplore le tango pour le déposer dans notre siècle. 

La mise en scène est simplement superbe, avec une invitation au voyage. on y redécouvre le rythme Habanera de la Milonga. Et si le Tango est pour certains « une pensée triste qui se danse », la Milonga est plus vive et joyeuse.  

Passionné par les cultures et les musiques du monde, Sidi Larbi Cherkaoui s’est immergé dans la tanguédita de la même façon qu’il est allé lors d’autres créations à la rencontre du flamenco avec Maria Pagés, ou de la danse indienne avec Akram Khan, ou des arts martiaux avec les Moines Shaolin. 

Curieux de la virtuosité de l’autre, il a le génie pour nourrir la tradition de la retranscrire dans une chorégraphie à la fois contemporaine, mais aussi respectueuse et innovante.  

Bien loin des images d’Épinal récurrentes du tango, il a ici dépassé les codes jusqu’aux limites, créant une chorégraphie fluide avec des instants dansés imprévus : tango dos à dos, à trois, à huit, à dix, en ronde ou au sol, se jouant de l’espace et des lumières…  

À la fois fasciné par l’étreinte des danseurs, les volutes décrites par les couples dans l’espace chargées d’émotions, Sidi Larbi Cherkaoui multiplie cette tradition des trottoirs de Buenos Aires et a créé un spectacle animal, puissant, sensuel.  

Le tango avait déjà acquis ses lettres de noblesse au point d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Mais pour Sidi Larbi Cherkaoui, c’est n’est plus une danse qu’il présente, c’est un art de vivre.

« Ce qui m’attire le plus dans le tango, c’est cet éternel enlacement des danseurs. Lorsqu’un couple danse, nous sentons ce dialogue hypnotique sensuel entre des corps intuitivement connectés, ne faisant qu’un. Il y a quelque chose de semblable dans ma danse, enracinée dans le contact physique, et c’est ce qui est inhérent au tango ». Sidi Larbi Cherkaoui.

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