Véritable phénomène aux États-Unis où les marques Apple et Lexus se l’arrachent Lil Buck, star et ambassadeur du Jookin’, danse qui flirte avec le hip hop et le ballet, a, samedi soir, créé l’événement et enflammé le théâtre antique de Vaison.
Devant plus de 3 000 spectateurs, en exclusivité française, il présentait avec le chorégraphe Jon Boogz et les artistes du collectif Mai (Movement Art is) sa toute dernière et fascinante création », Love heals all wounds » (l’amour guérit toutes les blessures).
Dans cette chorégraphie, haine, violence, racisme et individualisme sont tour à tour dénoncés par les déclamations poignantes de la slameuse Robin Sanders et dramatiquement exprimés par les performances de la troupe de danseurs.
La gestuelle torturée, mécanisée, disloquée, trépidante, les extraordinaires jeux de pied et les pirouettes de pointes sur sneakers de cet art de la rue bouleversent le spectateur qui est ainsi contraint de recevoir et d’intégrer la percutante souffrance et le désespoir des minorités opprimées.
Mais, loin de se résigner, l’homme blessé, bafoué dans sa dignité, entre, par la danse, en communion intime avec la vraie vie, la nature et l’émerveillement de l’amour. L’enfermement est alors brisé, le geste devient grâce, l’espoir renaît, le cœur est offert. Bouleversant !
Soixante minutes de bonheur partagé qui se sont conclues par l’arrivée sur scène des élèves de l’école de cirque Badaboum qui fort de ce qu’ils avaient vu, ont voulu à leur tour démontrer leur joyeux savoir-faire.
Une rencontre au bord de scène entre les artistes, Pierre-François Heuclin Antoine Abou a permis de prolonger cette magique soirée.
La scène du théâtre antique recevra mardi soir le Ballets Jazz de Montréal pour un hommage à Léonard Cohen, « Dance me ».
D. R.
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