COMMUNIQUÉ
Le sénateur Lucien Stanzione demande un véritable plan d’urgence agricole. Sécheresse : un milliard d’euros annoncé, face à des pertes agricoles déjà bien supérieures.
Saisi par plusieurs maires de Vaucluse, j’alerte sur l’écart considérable entre les aides annoncées par le Gouvernement et l’ampleur des pertes subies par les agriculteurs à la suite de la sécheresse et des canicules de 2026.
Dans un contexte budgétaire contraint dont chacun a conscience, la détresse du monde agricole a peut-être été entendue… mais fort mal évaluée, car les aides annoncées restent sans commune mesure avec l’ampleur des dommages : les seules pertes liées au déficit de fourrage et de maïs ensilage sont estimées à 5,4 milliards d’euros, soit plus de cinq fois le montant total du plan CASI (Climat, Adaptation, Sécheresse et Incendies). Mais à cela s’ajoutent multitude d’autres pertes et contraintes, dans un marché ultra-tendu suite à cet épisode, la relance de la production ne se fera pas sans aides massives. La seule flambée des prix du fourrage et des céréales qui contraint nombre d’éleveurs à vendre leur cheptel en est un exemple poignant.
Par ailleurs, des inquiétudes entourent la répartition des 520 millions d’euros consacrés à l’Indemnisation de Solidarité Nationale. Alors que les cultures assurées peuvent bénéficier d’une prise en charge à hauteur de 90 % par l’État et de 10 % par l’assurance, les cultures non assurées ont vu leur niveau d’indemnisation diminuer, de 45 % en 2023 à 35 % en 2025. Cette différence de traitement est d’autant plus problématique que seuls 68 000 agriculteurs sont assurés, tandis que les surfaces couvertes ont reculé de 3 % en 2025 – questionnant fortement l’efficacité de la réforme de l’assurance récolte.
Face à l’ampleur de la crise, je demande :
• La création d’un Fonds national des calamités agricoles de 5 milliards d’euros, sans passer par l’assurance multirisque climatique,
• Une aide directe pour toutes les productions subissant des pertes, notamment de 300 euros par unité pour l’élevage,
• Des prix minimums garantis par l’État afin d’assurer un revenu décent aux producteurs, • De prévoir l’acheminement du transport des fourrages et des céréales par les militaires,
• Le blocage des prix du fourrage, de la paille et des semences fourragères pour empêcher toute spéculation…
Le milliard d’euros annoncé constitue une toute petite première réponse, mais demeurant sans commune mesure avec les pertes déjà évaluées et les dépenses indispensables à la survie des exploitations. Il doit désormais être porté à un niveau réellement proportionné à la gravité de la crise.
Je saisis directement Madame la ministre Genevard en lui exposant mes observations formulées ci-dessus.
Lucien Stanzione, Sénateur de Vaucluse



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