La cuisine avant l’électricité

Les 8, 9 et 10 mai 2026, l’association Caminan a présenté dans la salle de l’Auditoire, à Buis‑les‑Baronnies, une exposition consacrée à la cuisine d’autrefois, à une époque où l’électricité n’avait pas encore transformé les gestes du quotidien. En trois après‑midi, 175 visiteurs sont venus découvrir cet univers disparu, rejoints le lundi suivant par trois classes de l’école élémentaire, étonnées d’apprendre qu’on n’achetait presque rien – hormis le sel et le café – et que l’on ne jetait quasiment rien non plus.

L’exposition proposait un détour par la cuisine gauloise et romaine à travers plusieurs ouvrages, avant de plonger dans la vie domestique des siècles passés. Une grande partie des objets exposés avait été prêtée par une famille de Roaix, dont la collection a permis de reconstituer la cuisine comme véritable pièce à vivre : mobilier, éclairage, équipement de cheminée, cuisinières bois‑charbon, réchauds à pétrole puis à gaz, matériaux de cuisson comme la terre vernissée, la fonte, le cuivre, le fer ou le fer émaillé. S’y ajoutaient de la vaisselle ancienne, des nappes, serviettes et torchons brodés, ainsi qu’une multitude d’ustensiles – hachoir, baratte, faisselles, entonnoir à boudins ou à saucisses – qui racontaient un savoir‑faire aujourd’hui oublié.

L’alimentation d’autrefois se dessinait au fil du parcours : le rôle essentiel du pain, de la soupe et des céréales, dont le petit épeautre, l’usage des fruits et herbes sauvages, la pêche, la chasse, le braconnage ou encore la cueillette des escargots. Plusieurs visiteurs ont partagé leurs souvenirs, comme celui de “l’assabouraïre”, cet os de jambon que l’on faisait bouillir dans la soupe, que l’on suspendait ensuite dans la cheminée pour qu’il reprenne du goût fumé, et que l’on prêtait volontiers à la voisine lorsqu’elle n’en avait pas.

L’exposition se concluait par un ensemble de recettes régionales, du coudounat au sanquet, des pieds‑paquets à la soupe d’épeautre, témoignant de la richesse culinaire locale. Fidèle à sa mission, Caminan veillait également à la transmission du provençal : chaque objet portait son nom en langue d’oc et plusieurs recettes étaient présentées en version bilingue.

Enfin, l’association précise que cette exposition, entièrement conçue pour valoriser le patrimoine culinaire et domestique, peut être prêtée à d’autres structures ou associations œuvrant dans le même esprit.

Merci à J.-C. Corréard pour les photos et à Yvon Hubert pour les informations.

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