LE TRAIN A SIFFLE POUR LA DERNIERE FOIS

Il y a plus d’un siècle, le 10 mai 1907, le petit train à vapeur arrive en gare de Vaison. Pour cette épopée du rail, la route de Villedieu fut largement agrandie en 1903, et elle prend le nom d’Avenue de la gare.

En 1908, par sécurité, l’éclairage électrique public y fait son apparition. On voulait même, en 1936, couper les allées de platanes, c’est à cette date que pour préserver les magnifiques arbres la commune s’engage à en assumer l’entretien à ses frais.
Pour ce premier voyage d’Orange à Buis la locomotive siffle tout au long du parcours où il y avait  foule.

Le pari était gagné ! Les choses avaient été difficiles. Malgré la croyance que la vitesse pouvait rendre les passagers aveugles ou fous, à laquelle s’ajoutait l’hostilité des voituriers, des aubergistes, des fermiers craignant pour leur bétail, la méfiance des épargnants qui préféraient rester fidèles aux solides rentes d’État plutôt que de financer une telle entreprise.

Il a fallu  plus de trente années d’innombrables démarches administratives pour permettre la signature le 16 juillet 1896 de la déclaration d’utilité publique de cette voie ferrée.

Les travaux de construction débuteront en avril 1904, et dureront près de trois ans avant l’inauguration officielle le 10 mai 1907.
À son passage tout le monde accourait, on voulait le voir ce train. On interrompait même le travail pour aller le regarder passer. Ce fut avec fierté et enthousiasme que les Vaisonnais adoptèrent ce moyen de transport ultra-moderne et économique,  Le train coûtait un sou du kilomètre à l’époque, soit environ un centime d’euro actuel. Les voyageurs achetaient souvent juste un aller simple vers la gare la plus proche pour revenir à pied.

La voie unique qui courait sur les 50 km du parcours était doublée dans la gare pour permettre le croisement des trains.
Mais, finalement, le petit train de Vaison devient partie intégrante du paysage, il ne souleva plus la curiosité, il passait, on ne l’admirait plus, car l’ère de la voiture prenait le relais.

Face au développement du trafic routier l’exploitation de la petite ligne est vite déficitaire. Le  2 mars 1925 le train déraille sur le pont de l’Ouvèze, entre Vaison et Malaucène-Crestet, faisant deux victimes.

Le petit train et ses partisans livreront pendant trois ans une ultime bataille aux pouvoirs publics. Le 13 décembre 1952, un dernier voyage fut donné symboliquement avec la locomotive Corpet-Louvet-Decauville Numéro 3999, celle la même qui inaugura la ligne, en 1907 …

Dans chaque gare tout au long de la ligne la foule était là, on se bousculait pour serrer la main au mécanicien, au chauffeur, au chef de train…

La gare en bonne vigie de ce passé est toujours là, elle est désormais devenue l’Agence routière de Vaison-la-Romaine.

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