« Robot ! », création pour huit danseurs et huit robots, est une première mondiale dans l’approche des relations entre l’homme et les machines sur une scène.
Pour les deux danseurs Gaël Rougegrez et Margalida Riera Roig, se voir proposer de danser avec des machines a d’abord été une surprise, puis ils ont trouvé l’idée « géniale et excitante ». Pour eux, cette première mondiale qui réunit sur le plateau humains et machines autonomes leur offrait une belle opportunité de faire évoluer leur métier et leurs pratiques. Ils ont rapidement pris conscience des limites du projet, et des difficultés pour s’y situer. Leur principale responsabilité de danseur : « essayer d’humaniser les robots », qui sont programmés à l’avance, et autonomes pendant le spectacle.
Pour Margalida Riera Roig, le côté mécanique des mouvements des machines s’oppose aux canons habituels de la danse : mouvements fluides et liberté, tandis que les machines ont des mouvements plus saccadés et plus limités. « Les humains font les robots et les robots font les humains », dit-elle.
Tous deux trouvent le spectacle très physique, avec les machines qui imposent un cadre très strict. Et en plus il faut faire attention à eux, qui ne font pas toujours ce qu’on attend, un peu comme des enfants.
Stéphane Hivert, de l’équipe administrative, expose l’origine du projet, né de la rencontre de Blanca Li et de Maywa Denki, un collectif d’artistes japonais, créateur d’automates musicaux « low-tech », c’est-à-dire sans électronique, plus près des automates de Vaucanson que des « robots positroniques » d’Asimov.
De leur collaboration née l’idée d’introduire sur la scène Nao, robot à vocation domestique produit par la société française Aldebarran Robotics. « Ce petit robot, partiellement autonome, parfois indiscipliné, grandit au cours du spectacle pour arriver à l’adolescence », dit-il. Il y a eu un gros travail sur la programmation des machines, qui a évolué au fil des représentations. Des procédures de rattrapage ont été mises en place en cas de bug. En tournée, l’équipe technique inclut une « Régie robots » composée de deux personnes.
NAO
Le robot Nao a été présenté pour la première fois en public en 2006. Haut de 58cm, il pèse 4.8 kg, utilise un processeur Atom (celui des pc premier prix) le système d’exploitation Linux et se programme en C++, Python, Java…
Il dispose de zones tactiles sur la tête et sur les mains, de caméras et de capteurs pour la reconnaissance vocale.



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