Golgota, la dernière proposition du festival Vaison Danses, est un spectacle exceptionnel. De ce spectacle difficile, le public est sorti partagé.
Inspiré par la Passion du Christ, par la tradition religieuse espagnole et par le flamenco, Bartabas a construit un spectacle à deux danseurs à l’énergie contenue, aux éclairages savants, qui évolue au rythme lent et austère d’une procession, qui se dirige avec gravité vers la Crucifixion finale.
La musique religieuse de Tomás Luis de Victoria, prêtre catholique de la Renaissance espagnole, accompagne cette envoûtante messe singulière.
Ce qui frappe dans ce spectacle, c’est le rôle du silence. Il ajoute à la fascination, au côté onirique. Sur la scène du Théâtre Antique, les chevaux et les hommes évoluent sans bruit, sur un épais tapis de « sable » de pneus broyés.
Les chevaux, justement… Il ne s’agit plus d’animaux. Montés par Bartabas, il n’y a pas un danseur monté sur un animal, mais un centaure qui dialogue avec le danseur de flamenco Andrès Marin. L’artiste se flagelle avec la queue de l’animal, le défie, le fait reculer par son souffle…
Les moments de flamenco sont dépouillés de toute référence culturelle pour n’être plus que rythme et sons.
Les musiciens sont remarquables, comme le contre-ténor Christophe Baska dans l’interprétation des motets.
Certains spectateurs ne t’attendaient pas à un spectacle aussi lent, qui se déroule dans un clair obscur permanent, au son d’une musique d’une autre époque. Il s’agit visiblement d’une incompréhension sur ce qu’est ce spectacle sans cavalcade, sans fanfare, mystique et non clinquant. Pour la première fois dans ce Festival, quelques « houu » se sont fait entendre au moment des saluts, au milieu des applaudissements nourris, et une dizaine de spectateurs, en général avec de jeunes enfants, sont partis avant la fin.
Les photos étaient interdites pendant le spectacle.
Vous pouvez avoir une idée du spectacle à partir de ces liens (avec de la publicité) :



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