Baptiste Tavernier est établi au Japon. Il s’occupe d’un magazine publié en anglais, Kendo World. Il y fait des traductions, de la mise en page, et écrit aussi des articles sur l’histoire des arts martiaux japonais.
Il s’occupe aussi de deux fédérations d’arts martiaux, la « International Naginata Federation » et la « All Japan Jukendo Federation ». Enfin, il a une activité artistique, il écrit de la musique et peint. Il a exposé récemment à Hong Kong.
Baptiste Tavernier est arrivé au Japon en 2006. Il était invité par la fédération internationale de naginata pour une année d’entraînement intensif. Il y est resté depuis cette date, et il a épousé une Japonaise.
Sa passion pour les arts martiaux date de 1999, année ou il est arrivé à Montpellier pour une maîtrise de musicologie, après un bac S au lycée Fabre de Carpentras. Il avait fait du judo pendant plusieurs années à Vaison, et il avait commencé la musique à l’école intercommunale à m’âge de trois ans.
Après sa maîtrise, il a obtenu un DEA de Musicologie à Paris VIII, avant de commencer une thèse – inachevée — à Paris VIII en composition musicale et intelligence artificielle. Ensuite, depuis son arrivée au Japon il a passé 7 années à la International Budo University (l’université des arts martiaux au Japon, dans la préfecture de Chiba), comme chercheur indépendant. Il travaillait sur les manuscrits du Moyen Âge concernant le combat au sabre.
Il a également publié plusieurs articles sur les arts martiaux à l’école pendant la période militariste du Japan des années 1930-40
La Budo Université, située sur la Pacifique du Japon, est la seule école au monde à prposer un cursus d’état dans le domaine des arts martiaux.
Il trouve la vie quotidienne au Japon très différente de ce qu’il a connu en France : « pendant plusieurs années, j’ai étudié les arts martiaux en intensif à l’université au Japon, plus de trente heures par semaine. Maintenant j’ai un peu levé le pied, et me consacre beaucoup à la peinture.
La vie au Japon peut sembler totalement différente de la vie en France…
C’est vrai sur certains points, mais pas sur d’autres. France et Japon sont deux pays avec des niveaux de vie proches (confort, technologie, économie, droits des individus, accès à la culture, liberté de culte et de pensée, etc), mais bien entendu la façon dont les sociétés s’organisent est différente : la France est avant tout une société qui se souhaite horizontale, ou chaque individu peut éventuellement se sentir à l’égal de ses concitoyens.
Au contraire, le Japon est par essence une société verticale fondée sur la hiérarchie, que ce soit dans les rapports familiaux bien sûr, mais surtout à l’école, au travail, et même dans les loisirs : tout est basé sur l’ancienneté. Les rapports avec les personnes sont donc beaucoup plus difficiles à appréhender. De plus, au Japon le groupe prime sur l’individu, en France on a plutôt tendance à fonctionner à l’envers, donc toutes ses différences culturelles demandent un petit peu d’adaptation…
Le Japon est une société « de service », donc toute l’administration, les services publics ou les prestations privées fonctionnent à la perfection en temps et en heure. Ça change donc de la France. »
Pour se projets a moyen terme, Baptiste Tavernier envisage de publier, en français, d’ici la fin de l’année, un manuscrit sur les sabres japonais, qui date du début du 17e siècle. « Il y a encore beaucoup de travail », dit-il. Il prépare aussi des expositions de ses tableaux à Tokyo et New York.
S’il ne se considère pas comme une personnalité, Baptiste Tavernier pense être « un peu connu dans le milieu des arts martiaux, car je participe à beaucoup de projets, mais sinon non, je ne suis pas un personnage public ; et c’est d’ailleurs très bien comme ça, être ‘une personnalité’ entraîne bien souvent plus de désagréments que d’avantages… »
Il ne pense pas revenir en France, même s’il était sur le Cours Taulignan avec trois camarades pour « La nuit suit son cours ». S’il quitte le Japon, ce sera sans doute pour Hong Kong ou pour les USA.
Des définitions données par Baptiste Tavernier
Le naginata est un art martial japonais pratiqué avec une sorte de hallebarde, d’environ 2m20. La fédération internationale regroupe une quinzaine de pays, et des championnats du monde sont organisés tous les quatre ans.
Au Japon il doit y avoir environ 10 000 licenciés, je pense.
Pour le jukendo, il n’existe pas de fédération internationale. Seuls quelques non-Japonais le pratiquent, car c’est à la base un art martial réservé à l’armée. C’est en fait du combat à la baïonnette et au couteau au corps à corps.
Il y a environ 60 000 licenciés, dont 95 % sont soit dans l’armée de terre, de l’air ou de mer.
Quelques liens indiqués par Baptiste Tavernier :
un livre que j’ai publié cette année : http://www.amazon.fr/Les-Contes-Samourai-Asataro-Miyamori/dp/4907009070/
– une émission de télé (la NHK est la télévision publique au Japon, un peu comme France 2 et France 3, ils ont une chaîne entièrement en anglais) à laquelle je participe de temps en temps :
https://www.youtube.com/watch?v=dAk4hrfzoyg
https://www.youtube.com/watch?v=50g0hgfmmT4
Un lien sur l’université internationale de Budo (en français) :




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