L’installation de Bernard Lagneau « C’est le chantier » est à voir à la Ferme des arts jusqu’au 4 février. Le plasticien a installé sa construction éphémère et monumentale (53 m3 au rez de chaussée) dans les deux salles d’exposition. Composée de poulies, de courroies, de roues et d’une infrastructure en tube, cette « machine à produire du rêve » évoque irrésistiblement les ateliers industriels tels qu’ils étaient jusqu’au début des années 50.
Pour l’artiste, tout a commencé dans les années 70. Il voulait échapper à la contrainte du cadre « exposition artistique », et aller directement à la rencontre du public, sans se limiter aux habitués des événements culturels, pour que les réactions soient spontanées.
Il souhaitait également travailler un « matériau pauvre », le carton, qui se valorise par son environnement.
« Tout est parti d’une punaise et d’un morceau de papier », explique l’artiste en racontant comment tout a commencé, l’envie de faire bouger un dessin.
Les choses ont bien évolué, et son travail a parfois atteint 23 mètres de haut et 100 mètres de long. La technique : du carton, du carton et du carton. La structure tubulaire est en tube compressé ininflammable, les roues et les engrenages en carton découpé, les couroies en carton ondulé… Tout est démontable, tout est réutilisable pour d’autres oeuvres. « Je ne vends rien, je perçois des honoraires pour l’exposition », explique l’artiste qui a exposé dans le monde entier.
L’oeuvre s’installe sans plan préconçu, en fonction du lieu. L’artiste travaille habituellement avec une dizaine de personnes pour le montage. « Le principal problème est celui des prises électriques », dit-il en souriant. Il explique que chaque pays a ses particularités, et qu’au démontage les prises électriques restent sur les câbles, et que très souvent il faut les changer en arrivant sur les lieux de l’exposition.
L’artiste a également accroché aux murs quelques tableaux, eux aussi à base de carton découpé et collé. « C’est du montage à plat », qui part des chutes de découpage.
Cette œuvre éphémère est exposée dans le cadre de la Fête du livre de jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux, en partenariat avec la bibliothèque départementale de prêt de Vaucluse, l’Acal de Vaison-la-Romaine, et le Sou des Écoles Laïques, qui ont été reçus pour le vernissage par Jacques Borsarelli, adjoint à la culture.




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