HERVÉ VILAR AU FESTIVAL BRASSENS

Samedi 4 mai, Hervé Vilar sera sur la scène du festival Brassens, au village de vacances, à 21 heures. Le spectacle de l’après-midi, à 14 h 30, présentera Manuel Hernandez.

Hervé Vilar assurera la dernière soirée du festival.

Une main tendue, le geste de vouloir. Une émotion en éveil et aux aguets. Hervé Vilard a toujours signé avec le cœur. Disponible pour la générosité, il n’a cessé de donner. En retour il a reçu, beaucoup. Logique récompense. Sur scène, ses doigts volettent indépendamment de son corps. Si sa voix est l’âme ; les gestes en sont l’esprit. Vilard ne chante pas pour passer le temps. L’interprétation comme un instant d’abandon. Elle laisse affleurer une sensibilité : instinctive, charnelle, voyageuse, aventureuse, accueillante. Il est certainement là le secret de cette relation manifestement connivente avec son public. Cette alchimie tenace a fracassé ce temps qu’on sait pourtant assassin. Elle continue de perdurer, saine et indestructible. Plus de 40 millions d’albums écoulés à ce jour. Insolent pour quelqu’un qui n’a jamais été un carriériste. Le jeune disquaire des Champs-Élysée et DJ du Bus Palladium n’a pas cherché la célébrité. Elle est arrivée à lui. Été 65, sa voix résonne partout. « Capri c’est fini », la chanson de l’ascension fulgurante. Qui continue de s’imprimer sur les lèvres. Triomphe mondial, évidemment. L’hymne est repris en chœur au Carnegie Hall à New York, à l’Opéra Music-Hall de Buenos Aires, au Chili, Espagne, Japon… Liste non exhaustive. Hervé Vilard devient une vedette internationale. L’aurait-il imaginé le petit gamin des rues, tombé dans la délinquance et qui doit son statut à un sandwich partagé avec un peintre lors d’un vernissage ? Le récit de sa folle existence, on le connait. Il l’a raconté dans « L’Âme seule » et « Le bal des papillons », deux livres foudroyants à la plume conquérante, nerveuse et vive. Succès immense en librairie. Le dernier tome de cette trilogie est en cours d’écriture.

Au sein de destin à bascule, il y a eu bien sûr la rencontre déterminante avec Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin et Compagnon de la Libération, qui devient son tuteur légal ; l’exil de sept ans en Amérique latine où il remplit des stades ; la complicité artistique avec Toto Cutugno qui débouche sur des chansons désormais incrustées dans la mémoire collective (Nous, Méditerranéenne, Reviens) ; ses nombreuses percées de l’Olympia et des salles parisiennes ; ses centaines de dates annuelles ; le rachat du presbytère dans le Berry à la suite de la disparition de l’Abbé Angrand, son père spirituel… Là encore, liste non exhaustive. En 2004, Hervé Vilard dessine de nouvelles couleurs poétiques. Il sort l’album « Cri du cœur ». Ceux qui connaissent l’homme, à la fois curieux, lettré et refusant les compromis ne sont pas surpris par cette incursion. Dans un écrin musical sobre et élégant, il pioche chez Ionesco, Brecht, Dimey. Convoque son amie Marguerite Duras. Et donne l’estocade sur deux chansons : « L’écharpe » de Maurice Fanon et « Le condamné à mort » de Jean Genet. Le journal Libération lui consacre deux pages et titre « Vilard en vers ». Ces pépites-là, il en distillera quelques-unes lors de cette série de concerts qui s’annonce comme une révérence. Parce qu’on ne chante plus à 71 ans les titres qui ont fait vibrer nos jeunesses de la même manière qu’à 30 ans. Parce que l’artiste a désormais d’autres désirs comme ceux de s’aventurer dans les lectures de textes et de s’essayer sur les planches. En attendant, il va remplir sa mission de chanteur populaire et fier de l’être, comme il aime le répéter.

Les tubes aux refrains fédérateurs viendront se mêler à des amours envolées ou meurtries, des portraits en dentelle. Les élans d’allégresse viendront se mêler à la solitude qui pointe. Et ses chansons offriront une proximité remuante à une vie – nos vies – d’une incroyable légèreté, d’une incroyable gravité. Elles réveilleront toutes les libertés. Du panache, du respect, de la délicatesse, de l’audace. Il suffira à nouveau d’écouter Hervé VILARD, viscéral et d’une sensualité brûlante, homme qui aime et qui partage.

 

Musicien de rock à l’origine, Manuel Hernandez se produira à 14 h 30. Il chante Brassens depuis 2011. Quelques classiques, bien sûr, mais surtout il se fait un plaisir de faire découvrir les chansons moins connues, les titres « posthumes », et aussi des adaptations en espagnol et en anglais, étant parfaitement trilingue. Avec son comparse Frédéric Rouquier, contrebassiste de jazz, ils livrent des versions assez proches de celles du maître tout en leur donnant un sacré coup de jeune.

 

En première partie, Évelyne Grandvaux, une habituée de la scène du festival, sera accompagnée de sa guitare. Passionnée de musique depuis l’enfance, elle va, de festival en festival, « porter la bonne musique française ». Cette année à Vaison, elle interprètera (s’accompagnant à la guitare ou au piano) un programme diversifié, allant de la comédie musicale à Barbara, passant par Gainsbourg, Renaud, Aznavour…

 

Spectacle de 14 h 30 : 15 €
Spectacle de 21 heures : 30 €

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