Emji Giletti‑Abou : éclairer Condorcet, penser la République

Comment un philosophe des Lumières a façonné la République, la laïcité et l’école

Le centre d’Information culturelle invite mercredi 4 mars Emji-Giletti-Abou pour une conférence intitulée : « Condorcet (1743-1794) : fonder la République, le suffrage, la laïcité, l’instruction ».

Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, incarne l’un des penseurs majeurs qui ont donné à l’idée de république sa dimension rationnelle, émancipatrice et perfectible. Mathématicien et philosophe des Lumières, il voit dans le progrès de l’esprit humain la condition même d’un régime républicain fondé sur l’égalité des droits et la souveraineté populaire. Défenseur de l’abolition de l’esclavage, de l’égalité femmes‑hommes et des libertés publiques, il conçoit la république comme un ordre politique guidé par la raison et orienté vers l’amélioration continue des institutions.

Son apport décisif réside dans l’articulation entre instruction publique et citoyenneté : une république ne peut durer que si elle forme des citoyens éclairés, capables de juger, de délibérer et de contrôler le pouvoir. Il élabore ainsi un vaste plan éducatif et un projet constitutionnel parmi les plus laïques et progressistes de la Révolution.

Condorcet propose enfin une vision dynamique de la république : une « république permanente », toujours en réinstitution, consciente de ses limites et engagée dans son propre perfectionnement. Cette exigence de rationalité critique irrigue durablement la tradition républicaine française.

Né en 1743 à Ribemont, Condorcet devient très tôt un mathématicien brillant, admis à l’Académie des sciences à 26 ans. Proche de d’Alembert, Voltaire et Turgot, il s’engage dans les Lumières et défend l’égalité, l’abolition de l’esclavage et les droits des femmes. Acteur de la Révolution, député girondin, il propose une vaste réforme de l’instruction publique. Pourchassé en 1793, il se cache puis est arrêté ; il meurt en prison en 1794 dans des circonstances incertaines.

Emji Giletti-Abou, philosophe de formation. Après un doctorat en anthropologie sur la question identitaire aux Antilles, elle a poursuivi sa carrière de professeur en Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) et a enseigné à l’Université des Antilles et de la Guyane en philosophie de l’éducation. Elle a eu des responsabilités au niveau académique sur la conception et la mise en œuvre des plans de formation continue des enseignants et des formateurs.

Conférence mercredi 4 mars à 18 h à l’espace culturel. Entrée libre

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